Agir pour Chaville

Association AGIR pour Chaville : citoyenneté, vie locale, projet municipal.

31 mai 2011

Lettre ouverte au Maire

Jean LEVAIN
Conseiller municipal de Chaville
Responsable du Groupe
« AGIR Ensemble pour Chaville »
                                                                 

                                                                                        Monsieur Jean-Jacques GUILLET
                                                                                               Député Maire de CHAVILLE
                                                                                                                      En Mairie
 

                                             Chaville, le 29 mai 2011

 Monsieur le Maire,

Le soutien au petit commerce local et l’animation de la ville font partie des objectifs affichés votre programme électoral des élections municipales et constamment réitérés depuis, tant dans vos prises de parole qu’au travers de Chaville Magazine.

A ce titre, votre municipalité finance des programmes d’accompagnement proposés par la CCIP. Vous avez aussi fait voter la possibilité pour la ville de préempter les fonds de commerce qui viendraient à être mis en vente et un programme concernant l’amélioration des vitrines de commerces privés.

Le coût de ces actions n’est pas négligeable puisqu’il se chiffre déjà en dizaines de milliers d’euros, facturés entre autres par la Chambre consulaire.

Vous avez enfin recruté un « manager de ville » dont la vocation est en principe de veiller au développement du commerce local, ce qui passe naturellement d’abord par le maintien des commerces existants, surtout lorsqu’ils ont une vocation particulière d’animation (presse, tabac, cafés etc.).

Il semble donc hautement souhaitable que ces louables préoccupations et dépenses se traduisent par des actions concrètes et efficaces ne devant rien au hasard des opportunités foncières mais bien à une volonté municipale forte et cohérente avec son discours.

C’est dans ce contexte que nous vous soumettons le cas du Tabac/Maison de presse exploité par M. et Mme. Bezzeghoud au 47 de la rue de Jouy.

Ce commerce qui existe depuis de nombreuses années, apporte non seulement au quartier de la Mare-Adam mais aussi à celui de l’Ursine et même aux zones très proches de Viroflay et de Vélizy-le-Bas un lien indispensable, tant pour la presse que pour les jeux ou les tabacs.

En effet, tous les autres commerces similaires et proches ont fermé, tant à Viroflay qu’à Chaville. Cela génère naturellement des trajets en voiture inutiles pour les habitants du quartier, affaiblit les autres commerces (pharmacie, coiffeurs, commerces de bouche etc.) et se révèle particulièrement gênant pour les personnes âgées, handicapées ou accompagnant de jeunes enfants.

Ce phénomène s’accentuerait si l’exploitation BEZZEGHOUD venait à fermer, menace qui est très près de se réaliser. A noter que dans l’environnement immédiat, les commerces vides ont mis beaucoup de temps à retrouver preneur.

Nous avons examiné la situation financière du magasin. Il appert que l’exploitation est bénéficiaire  (sans quoi il aurait fermé depuis longtemps) mais que, comme il est fréquent chez les petits commerces, le besoin en fonds de roulement et les frais d’installation ont été sous-évalués au départ et que c’est le coût de l’endettement qui est devenu avec le temps insupportable pour une petite entreprise personnelle, que les pratiques actuelle dans la distribution de presse et de tabac n’aident guère. S’il est remédié à cet état de choses on peut donc espérer un redémarrage de l’activité.

Dès lors, une solution paraît praticable : il conviendrait pour cela de réunir le banquier concerné, la ville, le distributeur de presse et M. et Mme. BEZZEGHOUD, ce qui est a priori la vocation du « manager de ville » ou d’un maire-adjoint actif.

Si l’on convient préalablement d’un prix raisonnable  pour le fonds de commerce qui soit tel qu’il puisse désintéresser en partie le créancier bancaire, il paraît réalisable d’organiser une forme de concordat aux termes duquel

-         la ville rachèterait par préemption le fonds de commerce à un prix assez nettement inférieur à sa valorisation au bilan, ce qui permettrait aux époux BEZZEGHOUD de recapitaliser la société et de rembourser d’éventuelles dettes privées

-         la Banque accepterait de prolonger ses crédits courants à un niveau nettement inférieur en volume

-         le distributeur de presse prolongerait par avenant sa collaboration

-         le bailleur des murs accepterait de réserver son bail aux mêmes conditions à la ville en cas de défaillance ultérieure du commerce BEZEGGHOUD

-         M. et Mme. BEZZEGHOUD s’engageraient à racheter progressivement le fonds de commerce à la ville au moyen de petites mensualités, sur une longue durée

 
De cette façon, la  ville consentirait en fait une facilité à long terme à l’intéressé.

Elle ne serait, au pire (c’est-à-dire si la suite de l’exploitation ne s’avérait pas viable), exposée qu’à trouver un nouveau gérant pour le magasin, comme bien des villes beaucoup plus petites et plus pauvres que la nôtre le pratiquent quotidiennement dans nos régions.

Si la ville n’utilise pas sa possibilité de préempter les fonds de commerce dans ce genre de cas (utilité publique évidente, montant relativement limité du concours total qui devrait être inférieur  à 100.000 euros, perspectives de reprise), on ne voit guère dans quelles circonstances elle envisagerait d’en faire usage.

Par ailleurs, si rien n’est fait, il y a danger que le fonds soit racheté à la barre pour une somme minime par un concurrent tout simplement pour bloquer la poursuite de l’activité presse-tabac, ce qui irait directement à l’encontre des intérêts du quartier : à quoi cela servirait-il que le point-presse proche de la mairie revive, si c’est pour en éliminer durablement un autre, alors que sur l’avenue Roger Salengro le Monoprix, le Coccinelle/Salengro, le Café de la Paix entre autres distribuent de la presse, comme vos déplacements dans Chaville n’auront pas manqué de vous le révéler ?  Or, rue de Jouy, ce n’est pas le cas.

De plus, la notoriété de M. et Mme. BEZZEGGHOUD dans le quartier, ainsi qu’en témoignent les nombreux soutiens qu’ils ont reçus, est excellente quant à leur amabilité, leur honnêteté et leur sens du service.

Enfin, Monsieur le Maire, et même si beaucoup de Chavillois l’ignorent encore, vous avec été dirigeant d’une entreprise de presse, donc confronté aux difficultés de ce secteur, pourtant essentiel au bon fonctionnement de la démocratie, tant en ce qui concerne sa production que sa diffusion.

Nous sommes certains que, ne fût-ce qu’à ce titre, vous ne manquerez pas  d’accueillir avec sympathie les propositions visant à résoudre la situation de M. et Mme. BEZZEGHOUD et à mettre en œuvre les moyens nécessaires à la pérennisation de ce commerce vital pour une importante population. De plus, dans ce cas-ci, l’exploitation est bénéficiaire.

Celle-ci, ainsi qu’en augure le succès de la pétition en copie, collectée par Annie GOUESMEL, ancienne conseillère municipale et ses amis, comprendrait mal une forme d’indifférence de la municipalité sur ce sujet très sensible, alors que les moyens financiers à mettre en œuvre sont faibles et peuvent être récupérés dans le temps. Jusqu’à présent cependant, les démarches  citoyennes entreprises auprès de vos collaborateurs se sont heurtées à des arguments négatifs peu convaincants.

Pour toutes ces raisons nous vous prions, Monsieur le Maire, de bien vouloir agir d’ici le 15 juin afin de provoquer la mise en place d’une solution qui, comme nous croyons l’avoir démontré, est tout à fait réalisable et dans l’intérêt général et ce avant qu’un point de non-retour soit atteint pour ce commerce.

Vous remerciant d’avance pour votre prompte intervention nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, l’assurance de nos sentiments très distingués.

                                                         (signé : Jean LEVAIN)

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